Grâce à une loi DADVSI Gutenberg serait peut-être inculpé !





Et si on avait interdit l'imprimerie ?


Ou rendu les concepteurs des imprimeries responsables des possibles utilisations malhonnêtes ou contraires à certains intérêts corporatistes de leurs oeuvres, où en serions-nous?


De même pour les constructeurs d'imprimantes, de photocopieuses, magnétophones et autres copieurs de toutes sortes. Ou encore les facteurs, porteurs, transporteurs... à part en tant de guerre, il n'est pas d'usage de d'espionner les correspondances des citoyens par défaut.


Voilà un projet de loi le DADVSI qui date un peu, on lui a rajouté deux petits amendements très liberticides et on voudrait le faire passer en vitesse juste avant Noël, alors qu'il pourrait attendre encore 2007 ...


Souhaiterait-on escamoter le débat parlementaire...?






Comment est né le projet de loi DADVSI ?


Le DADVSI de 2003 européen et un avatar musclé du NIICPA américain de 93. Cette proposition dénoncée par de nombreux juristes, a été refusée aux US en 96 parce que trop radical, extrémiste et dangereuse pour la société et l'économie.


Un équivalent NIICPA, le DMCA, a été toute de même imposé en 98, par le biais des traités de l'OMPI de 96. Bien que le DMCA, pose déjà des problèmes, cet été, à travers leur campagne STOP, les USA imposent une transcription rapide du DADVSI aux états de l'UE.


JeanJacques Aillagon, notre ministre de la culture, rajoute en plus deux dispositions dangeureuses:


et Il prévoit des sanctions pénales très dures que les autres membres n'ont pas mis dans leurs transcription.


Qui sont les acteurs ?




Quelles sont les conséquences directes du DADVSI ?


Le DADVSI limite les droits des citoyens et des collectivités, afin de renforcer la protection des produits de l'industrie numérique.


Elle rompt l'équilibre du droit d'auteur français qui veut qu'une fois l'oeuvre divulguée, l'auteur ne peut interdire au public certains actes, comme la lecture, la copie privée, la courte citation, le détournement parodique, etc, ce à des fins de protection de droits fondamentaux et de libertés individuelles.


Elle introduit à la place une "présomption d'utilisation déloyale" aux dépens du public, et un droit au contrôle technique de l'usage au bénéfice des éditeurs et producteurs.


Elle Induit une fracture numérique sans précédant, demain, seuls les utilisateurs ayant les moyens de se payer la licence d'utilisation ET les matériels d'équipements imposés par une poignée de multinationales pourront accéder à une copie d'une oeuvre numérisée.


Cela va renforcer le monopole des industries qui auront la maîtrise complète des circuits de contrôle/ production/ diffusion/ lecture/ modification matériel ou logiciel (comme Apple avec sa chaîne itune, ippod...).


Quels sont les nouveaux privilèges des éditeurs ?




Ce que ça donne concrètement pour le citoyen


Graver ses propres compilations à partir d'un CD, extraire son morceau favori pour l'écouter sur son ordinateur, transférer son contenu vers un baladeur MP3, prêter un CD à un ami, lire un DVD avec le logiciel de son choix, programmer, améliorer, utiliser ou diffuser un logiciel libre permettant la lecture d'une oeuvre numérisée, autant de pratiques très répandues et parfaitement légales que le gouvernement propose donc de proscrire de fait.


Nous serons totalement surveillés et contrôlés par des organismes privés et à tendance monopolistisques ... sûrement la conséquence la plus grave !









Pourquoi cela touche l' ensemble des logiciels libres ?


Gérer un DVD, un support numérique maintenant incontournable, demande de connaître son fonctionnement et pour le Logiciel libre de diffuser les algorithmes qui le font fonctionner. Lire un DVD ou concevoir un DVD avec des logiciels libres, sera interdit de fait. Si on met des mesures de sécurité sur tous les supports de diffusion d'oeuvre numérique.... ce qui est assez probable.., alors

le numérique sera interdit de fait au logiciel libre ! Autant dire que revient le logiciel libre sera interdit tout court.


Pourquoi cela touche l' ensemble des contenus libres ?


Les contenus libres eux aussi seront tenus de respecter les mesures de protections, des mesures de protections propriétaires. Ils seront obligés de passer par des technologies et des réseaux de distribution verrouillés par les acteurs du marché les plus puissants et les plus fermés. L'interdiction de la copie privée va également arrêter leurs diffusions.


La surenchère dans les sanctions


Le projet de loi DADVSI prévoit jusqu'à trois ans de prison et 300 000 Euros d'amende pour le simple fait de lire un DVD avec un logiciel non autorisé par l'éditeur du DVD. Un tel acte est assimilé dans le projet de loi à un délit de contrefaçon. Ces sanctions ne sont pas mises en place dans les transpositions des autres pays de l'UE.


La surenchère dans les interdits liberticides


Les deux interdictions supplémentaires, la neutralisation des mouchards et la publication d'information technique; ne sont pas des émanations directes de la directive européenne. Les faire passer en urgence, sous couvert l'application de la directive européenne est vraiment un prétexte fallacieux pour faire passer deux amendements dangereux en court-circuitant le débat parlementaire.


L'impacte en terme d'écologie ?


Comme il y aura une guerre des plates formes, des formats et des DRM associés. Que les candidats aux monopoles vont se battre également sur l'exclusivité des contenus numériques (musique, vidéo, logiciels). Nous devrons, comme avec les consoles de jeux, cumuler plusieurs lecteurs de chaque types pour pouvoir avoir accéder à l' ensemble de la production culturelle.

Comme à leurs habitudes, ces chaînes numériques verrouillées seront rapidement obsolètes et nécessiteront un investissement matériel constant. Si on veut une décroissance de la consommation matérielle polluante, ça n'est pas la bonne voie.


Les majors sont- ils entrain de s'enterrer tout seul ?


Cette loi va renforcer les monopoles, et donc profiter finalement aux quelques principaux gros acteurs du marché, qui pourront contrôler grâce aux DRM et à leurs plates formes toutes la chaîne de contrôle, production, diffusion, utilisation des contenus numériques.


Qui sont les acteurs les plus susceptibles de remporter le monopole du siècle ?

Microsoft, Aple, Sun, ou Sony ...

Il est probable qu'en soutenant aveuglément ce projet, certains des acteurs déjà moribonds de la distribution musical ne fassent, en réalité, rien d'autre que de se passer eux-mêmes la corde au coup, par dépit peut-être..


Il n'y a pas de fatalité !


Ce projet de loi qui remet en cause des droits fondamentaux de notre société, mérite bien que nos élus passent un peu de temps à l'étudier.

Sauvons nos industries d'elles-mêmes, ne les laissons pas jouer à la roulette russe ! halte au suicide collectif !

La production libre offre de formidables perspectives ! En informatique elle permet le foisonnement de petites entreprises hight-tech et pérennes. En musique puis en vidéo et graphisme, elle va offrir un renouvellement et une explosion culturelle qui profitera à tous !


Parce que nous méritons bien le bénéfice du doute et la liberté de savoir et de créer. le projet de loi DADVSI doit être retiré.


Le projet de loi DADVSI : http://www.assembleenationale.fr/12/projets/pl1206.asp

Plus d'informations : http://www.eucd.info

Pétition en ligne : http://eucd.info/petitions/index.php?petition=2


Lucile Fievet